Deux articles « HUMEUR » de suite? Oui. J’aime l’idée que mon blog puisse aussi être une soupape d’écriture. Alors je pose des mots, sans trop savoir où j’écris.

Vendredi soir. 18h13. Posée, seule. Le ronflemment l’ordi qui chauffe en fond, les voisins qui marchent, le bruit mécanique de l’ascenseur qui monte et qui descend.

Le cadre est posé. Pas le temps d’écrire en ce moment, pas d’idées. Enfin si, mais pas celles que je voulais.

Par absence d’envie, je manque à la tâche. J’ai envie d’écrire. De poser des mots sur un mal trop souvent occulté, passé sous silence à coups de « ce sont des caprices d’enfant gâté »:

Le mal de la vingtaine.

Période charnière sortie d’adolescence amenant doucement vers ce que l’on qualifiera de « maturité ».

Le mal de la vingtaine n’est ni plus ni moins que cette pression sociale ou personnelle à qui l’on associe un certain nombre de paramètres, le plus souvent, liés à la construction sociale. Le fameux « paraître ».

Paraître, c’est être dans les yeux d’autrui. Enfin, c’est ainsi que je le définirais.

Paraître une girl boss, paraître une bonne étudiante, paraître une femme épouse, paraître une future mère.  Évidement, ceci n’est qu’une simple liste non exhaustive, mais ce quatuor me semble tout de même répétitif.

À trop vouloir paraître on en oublie l’être, le moment présent. On fait des études pour le futur. On sacrifie une partie de sa vie rongé par le stress du fameux sésame: Le diplôme. Celui qui te fait passer ce premier palier de paraître social. Comme un niveau sur Mario Bross, tu accèdes au second.

La réussite professionnelle. Souvent associée à un gain monétaire conséquent. Rarement à l’épanouissement personnel, cela peut être évidement lié, bien que trop souvent occulté.

L’accomplissement au travail s’accompagne d’une deadline. Le gong des 30 ans. Une sorte de guillotine, prête à t’achever si tu n’as pas gravis tous les échelons avant la date fatidique. 10 ans, c’est le temps accordé. Tel un sablier retourné, pas une seconde de plus. 10 ans pour se construire en tant que femme, faire des erreurs guidant vers des choix, foncer tête baissée en se persuadant que la pression est vaine et une pure création de cette nouvelle génération en soif d’indépendance.

Et oui, le temps presse madame. 30 ans, l’heure des enfants. Tic tac tic tac, « le bébé c’est pour quand? ».

Je ne veux pas de cette vie là.

J’ai longtemps culpabilisé: Pourquoi je voulais de la radio, moi?

Pourquoi pas devenir ingénieur en aéronautique? C’est cool sur le papier. Ça fait propre et puis c’est facile à expliquer dans les dîners. Mais bon, j’ai quand meme fait la part du deal. Une licence en poche, la prérogative pour vivre mon expérience .

« Alix elle fait quoi? » … « On ne sait pas trop, on la laisse faire ». Sujet sensible.

Dopée à l’indépendance, je ferme les yeux, je me bouche les oreilles et j’avance. Alix fait de la « communication ». C’est bien ça, « la communication ». Ça fait sérieux!

Mais il reste un problème non élucidé, un cold case pour les amateurs de séries. Le bébé? « Je suis certaine que tu feras une super maman ».

500 mots plus tard, on en est là. Finalement… y a pas de vingtaine réussie. Et heureusement.

Je reçois régulièrement des messages de jeunes femmes de mon âge, noyées dans une représentation de la vingtaine idéalisée. Cette décennie censée être charnière. On en est tous au même point. À des degrés différents, certes, mais pas plus avancés.

« Ne pas se préoccuper du regard des autres ». Merci Einstein, on a compris, mais dans la pratique?

La pratique, c’est le déclic. Ta seconde vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Oui, je cite Raphaëlle Giordano, ça fait son petit effet. L’expérience montre que  l’expression oppressante de cette pression est particulièrement exacerbée chez les traumatisés de la vingtaine. Une sorte de stress post traumatique qu’ils pensent utile de communiquer.

Non merci, ça ira pour cette fois.

En somme, peu importe l’âge, chaque étape de clé de nos vie sera jalonnée d’un certain nombre de stéréotypes qui lui seront accolés. Ils constituent un cadre social, une référence dans laquelle on doit être libre de se positionner ou non. Une sorte de piste de ski finalement. Rien ne t’empêche de passer un peu en hors piste, tant que tu descends.

Vais-je conclure cet article sur cette métaphore filée? Affirmatif.

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Un commentaire

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Toujours très agréable de te lire dans un sujet un peu plus serieux que d’habitude,
j’ai 26 ans et je ressent tout comme toi cette pression,je suis installer avec mon chéri depuis plusieurs années et je ne compte plus le nombre de fois où on nous dit  » alors c’est pour quand le bébé ? » Au debut on est y prete pas trop attention mais a la longue ca commence a lasser. Alors oui on est ensemble depuis qu’on est ado,oui on est un couple solide mais on est surtout encore de grands enfants qui ont envie de profiter et de ne pas avoir de grosses responsabilités, il faut toujours se justifier ect …Bref j’EMMERDE leur « horloge biologique » et leur  » instinc maternelle » ca viendra quand ca viendra et c’est quand même NOUS les principales concernés.
Gros bisous ma belle alix

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